Quelles plantes pour une jardinière : soleil, ombre, toute l’année
Un géranium à l’ombre ne fleurit pas, une fougère en plein soleil brûle. Les plantes qui conviennent à chaque exposition de jardinière, et celles qui restent en place toute l’année.

Un géranium planté à l’ombre s’étiole et fleurit à peine. Une fougère installée en plein soleil brûle en quelques jours. Le critère qui compte avant le nom de la plante est la lumière réellement reçue par la jardinière, heure par heure dans la journée. Voici les espèces qui tiennent selon l’exposition, et celles qui gardent une jardinière habillée toute l’année sans être replantées chaque saison.
L’aperçu par exposition
Le choix d’une jardinière adaptée à l’exposition évite bien des déceptions au moment de la floraison. Le tableau ci-dessous donne un premier repère avant le détail espèce par espèce.
| Exposition | Durée de soleil direct | Exemples |
|---|---|---|
| Plein soleil | 6 h ou plus | Géranium, surfinia, calibrachoa, lantana, pourpier |
| Mi-ombre | 2 à 5 h | Fuchsia, bégonia, impatiens, lobélia, myosotis |
| Ombre complète | Aucun soleil direct | Fougère naine, heuchère, impatiens de Nouvelle-Guinée |
| Toute l’année | Variable selon l’espèce | Sédum, joubarbe, bergénia, buis nain, skimmia |
Plantes pour jardinière en plein soleil
Une exposition plein soleil correspond à 6 heures ou plus de lumière directe par jour, typiquement un balcon orienté sud ou ouest. Les plantes qui y résistent supportent aussi bien la chaleur que des oublis d’arrosage ponctuels en été.
Les valeurs sûres pour l’été
- Géranium (pélargonium) : fleurit sans interruption de mai à octobre, tolère plusieurs jours sans eau.
- Surfinia : pétunia retombant vigoureux, à tailler à mi-été s’il s’étire trop.
- Calibrachoa : fleurs miniatures en grand nombre, plus résistant à la pluie que le pétunia classique.
- Lantana : port arbustif, attire les papillons, supporte la sécheresse une fois bien installé.
- Pourpier (portulaca) : feuillage charnu, referme ses fleurs la nuit et par temps couvert.
- Verveine retombante : floraison continue en petites grappes, résiste bien au vent sur un balcon en hauteur.
Pour varier les couleurs et les formes
La sauge annuelle et l’œillet d’Inde apportent des couleurs vives sans exigence particulière. Le bidens, à petites fleurs jaune étoilé, retombe sur les bords et comble les espaces vides entre les plants plus hauts.
Le zinnia, en variété naine adaptée aux bacs, fleurit du bleu pâle à l’orange en passant par le blanc, avec une tige assez rigide pour résister au vent. Toutes ces plantes de plein soleil partagent un point commun : elles supportent un arrosage qui laisse sécher les 2 premiers centimètres de terreau entre deux passages, contrairement aux plantes de mi-ombre qui tolèrent moins l’écart.
En plein soleil, un arrosage quotidien s’impose souvent en juillet et en août, tôt le matin ou en soirée. Un paillage de billes d’argile en surface limite l’évaporation entre deux passages.
Plantes pour jardinière à mi-ombre
La mi-ombre correspond à une exposition est, ou à un emplacement qui reçoit du soleil direct une partie de la journée seulement, souvent le matin. Le choix se resserre par rapport au plein soleil, mais reste large.
Fuchsia, bégonia et impatiens
Le fuchsia fleurit en grappes retombantes de juin aux premières gelées et supporte la mi-ombre mieux que le plein soleil, qui brûle ses fleurs fines. Le bégonia et l’impatiens couvrent vite le sol de la jardinière et continuent de fleurir même par temps couvert. Le bégonia tubéreux, plus volumineux que le bégonia semperflorens, demande un espacement d’au moins 20 cm pour ne pas étouffer ses voisins.
Lobélia et myosotis pour les bords
Le lobélia retombant forme un rideau bleu ou blanc sur le rebord de la jardinière, particulièrement voyant dans une jardinière suspendue à hauteur des yeux. Le myosotis, plus précoce, fleurit au printemps avant de laisser la place aux plantes d’été.
Ce que la mi-ombre ne pardonne pas
Le géranium et la lavande fleurissent nettement moins en mi-ombre qu’en plein soleil, avec des tiges qui s’allongent pour chercher la lumière. Mieux vaut les réserver à l’emplacement le plus ensoleillé du balcon et garder la mi-ombre pour les espèces qui s’y épanouissent réellement.
Plantes pour jardinière à l’ombre complète
Une jardinière à l’ombre complète, contre un mur nord ou sous un balcon supérieur, ne reçoit jamais de soleil direct. Le choix se limite aux feuillages et à quelques floraisons discrètes : bégonia des jardins, impatiens de Nouvelle-Guinée, fougère naine, heuchère pour la couleur du feuillage, et hosta nain pour le volume si la jardinière fait au moins 25 cm de profondeur.
L’astuce consiste à miser sur le feuillage plus que sur la fleur. Une heuchère pourpre ou une fougère apportent du volume et de la texture toute la saison, sans dépendre d’une floraison capricieuse par manque de lumière. Le terreau y sèche aussi plus lentement qu’en plein soleil, ce qui limite l’arrosage à deux ou trois fois par semaine en été.
Prolonger la floraison selon l’exposition
En plein soleil, couper les fleurs fanées du géranium et du surfinia toutes les une à deux semaines relance la floraison en quelques jours. Un engrais liquide pour plantes fleuries, apporté une fois par semaine en été, complète ce geste et évite l’épuisement du plant à mi-saison.
En mi-ombre et à l’ombre, la floraison du bégonia et de l’impatiens ralentit naturellement à la mi-été sans qu’il y ait de geste particulier à faire. Un simple nettoyage des fleurs fanées suffit, sans qu’un manque d’engrais en soit la cause principale.
Jardinières persistantes toute l’année
Une jardinière qui reste habillée en hiver mélange des vivaces rustiques et de petits arbustes qui tolèrent la vie en bac. Contrairement aux annuelles, ces plantes restent en place plusieurs années sans être renouvelées à chaque saison, à condition que le bac fasse au moins 20 cm de profondeur pour protéger les racines du gel. Ce socle fixe se complète chaque saison par quelques annuelles dans les espaces encore libres.
Les vivaces basses
Le sédum et la joubarbe résistent au gel et à la sécheresse une fois enracinés, avec un feuillage charnu qui garde de la couleur en hiver. Le bergénia et l’heuchère apportent de grandes feuilles persistantes, pourpres ou dorées selon la variété. La campanule des murailles et l’armérie complètent ce socle avec une floraison basse, du printemps à l’été.
Les petits arbustes persistants
Le buis nain et le skimmia gardent un feuillage vert toute l’année et supportent la taille en boule, en jardinière sur pieds pour structurer une entrée. Le skimmia porte aussi des baies rouges en hiver, sur les pieds femelles uniquement. La lavande et le romarin nain, semi-persistants, ajoutent un feuillage argenté et parfumé qui tient une bonne partie de l’hiver dans les régions à climat doux. La bruyère d’automne, ou callune, prend le relais des floraisons jusqu’aux premières neiges.
Compléter avec des bulbes de printemps
Des bulbes de tulipes, de narcisses ou de crocus, plantés en octobre entre les vivaces déjà en place, fleurissent dès mars sans demander d’entretien particulier. Une fois la floraison terminée, leur feuillage jaunissant se cache derrière les vivaces qui reprennent leur croissance.
Que mettre avec des géraniums en jardinière
Le géranium tient le rôle de plante principale : haute, dressée, colorée. Il s’associe bien avec une plante retombante sur le bord, comme le lierre, le bidens ou un surfinia d’une autre couleur, et une touche de feuillage argenté comme le séneçon ou l’hélichryse.
Mieux vaut éviter d’associer plusieurs plantes très gourmandes en eau au même géranium, qui préfère un terreau qui sèche légèrement entre deux arrosages. Le myosotis ou l’impatiens, plus assoiffés, s’accordent mal avec ce rythme et l’un des deux finit par en souffrir.
Les couleurs qui s’accordent
Un géranium rouge se marie bien avec un feuillage argenté et quelques touches de blanc, pour un effet classique qui traverse les modes. Un géranium rose ou violet s’accorde avec un lierre panaché ou un bidens jaune pâle, pour un contraste plus doux qu’un mélange de couleurs vives entre elles.
Combiner plusieurs jardinières pour un effet continu
Aligner plusieurs jardinières de la même longueur le long d’une rambarde donne un résultat plus lisible qu’une multiplication de tailles différentes. Répéter deux ou trois espèces d’un bac à l’autre, plutôt que de varier à chaque jardinière, renforce cet effet sans multiplier les achats de plants différents.
Un espace de 10 à 15 cm entre deux jardinières laisse assez d’air pour l’entretien et l’arrosage de chaque bac. Les plantes retombantes, comme le surfinia ou le lierre, comblent ensuite cet espace visuellement une fois la saison bien avancée.
Adapter le choix des plantes à la jardinière elle-même
Le nombre de plants dépend de l’espèce choisie et de la longueur du bac : un géranium et une pensée ne se plantent pas au même espacement, sous peine d’étouffer les pieds ou de laisser le terreau à nu. Le détail par longueur, de 40 à 100 cm, est dans combien de plants mettre par jardinière.
La période de plantation compte tout autant que l’exposition. Semer ou planter un géranium en mars l’expose à un coup de gel qui le détruit en une nuit, même sous des températures diurnes douces. Le calendrier complet, mois par mois, est détaillé dans quelles fleurs planter en jardinière selon le mois.

















